Laurent Mantese

 

Titulaire d'une maîtrise de philosophie, auteur de romans et de nouvelles

fantastiques, Laurent Mantese cherche à livrer une littérature populaire

dont l'arc d'inspiration irait des classiques américains, français et

anglais jusqu'au cinéma d'épouvante. Une littérature qui donne à s'évader

autant qu'à réfléchir.

Bibliographie

 

 

 

Le peu qu'il nous reste (Poèmes et fragments)

 

« La mer est calme : on rit beaucoup... Il est possible au demeurant qu'une brèche à l'arrière du vaisseau écourte la croisière : les gens en parlent, mais c'est peut-être un simple effet de mon imagination. Un homme aimable m'a donné sa provision de cigarettes, et je fume à l'avant dans le balancement des vagues, dans la fraîcheur du vent. »

Laurent Mantese livre ici, sous une forme poétique proche de l'épure, des interrogations sur la modernité déjà développées dans certains de ses recueils et romans fantastiques. Nés d'Éluard et de Cioran, de Verhaeren et de Verlaine, ces poèmes visent au cœur, guettant nos lâchetés, nos espoirs et nos contradictions, reflets d'un monde que nous n'habitons plus et qui se perpétue pourtant, dans un charivari sanglant de fin des temps, sans autre justification que sa propre durée.

L'Or des Princes

 

Victor, chômeur au physique ingrat, vivote au jour le jour au rythme d’une routine terriblement sclérosante qui, seule, lui permet de tenir debout au bord du gouffre. Cela, et la vision quotidienne de la jeune et ravissante Julie, qui occupe ses pensées et à qui il n’a jamais osé dire un mot.

Deux événements inattendus vont pourtant venir bousculer cet équilibre précaire.

Au cours de sa promenade quotidienne, un certain Aaron vient l’aborder pour lui offrir du travail. Rien de compliqué : il suffit d’être discret et de savoir conduire. Victor comprend vite qu’on lui propose de se mettre au service d’une bande criminelle. Mais l’argent sale qu’on lui promet pourrait lui permettre de se rapprocher de Julie…

Il y a aussi ce qui est arrivé à sa main gauche. Car, un matin au réveil, il s’est aperçu qu’elle s’était inexplicablement séparée de son corps. Mais elle ne semble pas pour autant décidée à demeurer inerte.

Après les deux recueils de contes horrifiques qui l’ont fait connaître, Laurent Mantese confirme son talent avec ce roman policier imprégné de fantastique.

 

 

 

Le Comptoir des Épouvantes

 

« Je travaillais à l’époque pour un journal à sensations dont la ligne éditoriale était aussi claire qu’un filet de sang : du trash, du trash, du trash. Mon rédacteur en chef, un pisse-vinaigre bedonnant biberonné à Closer et aux tabloïds britanniques, m’avait choisi pour rapporter un maximum d’infos sur les crimes et les disparitions inexpliqués parues dans la presse locale des vingt dernières années, en m’allouant une avance sur salaire si misérable que j’oubliai bien vite le caractère urgent de ma venue.

On me payait quelques billets pour publier une compilation sordide, j’allais utiliser cet argent pour m’encanailler moi-même, à défaut de trouver les pépites qui feraient de moi l’équivalent d’un Hemingway ou d’un Kessel. On a les salaires qu’on mérite. »

Un jour peut-être viendrez-vous, vous aussi, pousser la porte du Comptoir des épouvantes. Ce n’est pas que la bière y soit très bonne, la clientèle élégante ou l’ambiance des plus joyeuses ; ce n’est pas non plus que Janus, l’inquiétant tenancier, soit d’un naturel très bavard. Pourtant, comment échapper à ce beuglant des faubourgs quand c’est le destin lui-même, tragique et moqueur, qui vous y convie ? Asseyez-vous, prenez un verre, feuilletez donc un des journaux qui traînent sur le bar...

Et n’essayez pas de vous rassurer en vous disant que tout ceci n’est qu’un fantasme de soiffard : chacune des histoires narrées dans Le Comptoir des épouvantes tire sa source d’un fait divers bien réel.

 

 

 

Contes des Nuits de Sang

 

« Ces heures de travail auprès de la princesse se résument à un examen précis de son état cardiaque, mais je ne peux m’empêcher d’observer l’évolution morbide de l’organisme : depuis plusieurs semaines à présent, des plaques rougeâtres sont apparues sur la peau de la centenaire, et son odeur corporelle se fait de jour en jour plus forte, avec des relents de muqueuses moisies, de varech et d’iode. Le corps de cette femme est si étrange ! Tout corps est un système, mais celui là défie toutes les lois de la décomposition organique et du passage du temps ! Ses cellules sont irradiées par une force foudroyante en même temps qu’en proie à une déliquescence absurde, illogique, qui altère le fonctionnement de l’organisme sans en corrompre totalement les principes vitaux. Ce corps a un projet, mais quel est-il ? Si j’avais un tant soit peu confiance en mes observations, je dirais que Youlia Repnine est enceinte, mais comment émettre seulement l’idée qu’une femme de cent trois ans puisse être enceinte sans se traiter soi-même de fou ? »

*

 

Il est des nuits où le voile se déchire. Quand la rassurante banalité du quotidien se dissipe comme un brouillard, la réalité qui apparaît au-delà n’a rien de rassurant. L’éclat qui traverse son regard ressemble à celui de la folie, et son sourire moqueur n’est peut-être qu’un rictus carnivore. Alors, hommes et bêtes, démons et fantômes conspirent pour donner vie au cauchemar. Et le noir de la nuit fait place à l’écarlate…

 

 

 

Pont-Saint-Esprit : Les Cercles de l'Enfer

 

Parce qu'une histoire se déroule forcément quelque part, la collection LoKhaLe trouve son inspiration près de chez vous. Dans des lieux que vous connaissez bien. Autour de faits dont vous avez peut-être même entendu parler…

 

Ainsi, au cours de l'été 1951, la commune de Pont-Saint-Esprit, dans le Gard, fut-elle la proie d'un phénomène de contagion inconcevable: près de trois cents personnes manifestèrent des troubles du comportement accompagnés de violentes crises d'hystérie et d'hallucinations sensorielles. À travers un texte fort, empreint d'humanité, Laurent Mantese revient au cœur de l'enfer vécu par les habitants et reconstitue, quasiment heure par heure, le déroulé tragique des événements.

 

L'article qui accompagne ce court roman apporte un éclairage tant scientifique qu'historique et contextuel à cette affaire hors norme et propose de faire le point d'une manière sinon définitive, du moins singulière, sur les différentes hypothèses qui ont pu être avancées pour tenter d'expliquer l'inexpliquable.

 

Parce qu'une histoire se déroule forcément quelque part et que cette fois-ci, ce sera à Pont-Saint-Esprit et pas ailleurs!

 

 

 

Nouvelles:

  • 2016: Le dernier loup dans la revue Galaxies n°41
  • 2013: Le sorcier de Brassac dans l'anthologie L'amicale des jeteurs de sorts