Olivier Moyano

Il est des parcours de vie qui ne se lassent pas d’imposer leurs méandres à celui qui, confiant en l’avenir, décide de les suivre sans broncher, quelles qu’en soient les issues (parfois des impasses) vers où il se trouve expédié. « Autant chercher à faire jaillir une flamme en frottant ses phalanges contre un savon de Marseille » ironisait Herman Melville dans Bartleby le scribe.

Ainsi, Olivier Moyano, tout à tour aquitain, puis lorrain, puis à nouveau aquitain, français puis (et) espagnol, lecteur fou de Philip K Dick alors qu’il n’aime pas (du moins le croit-il encore…) la Science Fiction ; amoureux inconditionnel de la prose d’Haruki Murakami, fasciné par Franz Kafka et John Irving (quel grand écart), bédéphile et bédévore (Tardi, Léo, Rosinski & Van Hamme, Loisel, Larcenet, Corbeyran), l’écriture le saisit en un endroit pour tenter d’exporter ce qu’il a cru comprendre en tant que psychologue, de la question du rêve, du double en psychopathologie (une sinécure)… Tandis que, de l’autre bord, il est passé, tout en douceur, de la transmission dite scientifique à la création littéraire… et il compte bien que cela dure. Non mais. Le XXI° siècle sera fantastique ou ne sera pas

 

 

Il Neige sur Encelade

 

Après avoir survécu au meurtre de sa mère, Steven est placé en institution et confié aux bons soins de Sylvère Murat. Une relation particulière s'établit peu à peu entre le psychologue et son patient de quatre ans, obsédé par le mystère du « chat qui s'allume », dernières paroles de sa défunte mère. Cependant, au fil des sessions, le thérapeute décèle dans l'ombre du garçon un énigmatique inconnu qui parle au nom du petit. L'étrangeté de ce phénomène atteint un point de non-retour le jour où l'enfant disparaît sans laisser de traces. Pour Sylvère, le lien n'est pas pour autant rompu. Au contraire, une série d'inexplicables coïncidences vient le renforcer, poussant le psychologue à mettre sa vie routinière entre parenthèses afin de partir à la recherche de Steven. Mais ce qu'il trouvera au terme de son voyage sera au-delà de toute imagination... Avec ce roman aux accents Murakamiens, Olivier Moyano nous offre une fiction empreinte d'onirisme où l'on apprend qu'il n'est jamais trop tard pour trouver sa place.