Philippe Curval

Parisien depuis qu’il est venu au monde, parfois illustrateur, Philippe Curval est surtout romancier et auteur de science-fiction. Il commence sa carrière comme photographe, puis comme journaliste, tout en participant à l’éclosion de la science-fiction dans la France d’après guerre. Il publie alors des nouvelles et des textes critiques dans Fiction et Satellite et réalise des collages pour les couvertures de Fiction. De 1955 à 1958, il fait paraître en compagnie de Jacques Sternberg Le Petit Silence Illustré puis devient visiteur médical,  parcourt la France, l’Allemagne, l’Italie en solex et fait paraître deux romans dont Le Ressac de l’Espace qui reçoit le prix Jules-Verne en 1962.

Durant les années 1960, il devient journaliste à La Vie électrique, mensuel au tirage de 250 000 exemplaires. Il en sera le directeur de rédaction en 1980 et participera à la fondation de deux revues de cinéma, L’Écran et Présence du cinéma. Les décennies 70/80 le voient réaliser des reportages dans le monde entier et collaborer à tous les recueils/manifestes de la science-fiction française. Son travail critique sur la science-fiction  se poursuit au Monde, puis au  Magazine littéraire.

L'Homme à rebours, (Grand prix de la science-fiction française en 1975), Cette chère humanité, (prix Apollo en 1977) le consacrent comme un écrivain majeur. Aujourd’hui, après plus de trente romans (parus chez Robert Laffont, Denoël, Calmann-Lévy, J’ai lu, Jean-Claude Lattès...)  et une centaine de nouvelles, Philippe Curval ne cesse d’écrire. Son dernier roman On est bien seul dans l'univers paraîtra aux éditions La Volte à la veille des Aventuriales.

 

 

 

 

Sa bibliographie :

 Romans

Les Fleurs de Vénus, Gallimard/Hachette, coll. « Le Rayon fantastique » no 75, 1960

Le Ressac de l'espace, 1962

La Forteresse de coton, Gallimard, 1967

Attention les yeux, 1972

L'Homme à rebours, Robert Laffont, 1974

Les Sables de Falun, Marabout, coll. « Marabout Science-Fiction » no 509, 1975

Cette chère humanité, 1976

Un soupçon de néant, Presses Pocket, coll. « Science-fiction » no 5006, 1977

Rut aux étoiles, Presses Pocket, coll. « Science-fiction » no 5054, 1979

Le Dormeur s'éveillera-t-il ?, Denoël coll. « Présence du futur » no 282, 1979

Y a quelqu'un ?, Calmann-Lévy, coll. « Dimension SF », 1979

La Face cachée du désir, Calmann-Lévy, 1980

Le Livre d'Or de la science-fiction, 1980

L'Odeur de la bête, 1981

Tous vers l'extase, Jean-Claude Lattès, coll. « Titres/SF » no 42, 1981

En souvenir du Futur, 1983

Ah ! Que c'est beau New York, 1983

En souvenir du futur, 1983

Debout les morts ! Le Train fantôme entre en gare, 1984

Comment jouer à l'homme invisible en trois leçons, 1986

Habite-t-on réellement quelque part ?, 1989

Akiloë, 1989

L'éternité n'est pas la vie, 1995

Les Évadés du mirage, 1995

L'Arc tendu du désir, 1995

Macno emmerde la mort, Baleine, coll. « Macno », 1998

Voyance aveugle, Denoël, coll. « Présence du futur », 1998

Voyage à l'Envers, J'ai lu, coll. « Millénaires », 2000

Blanc comme l'ombre, 2003

Rasta solitude, Flammarion, 2003

Lothar blues, Robert Laffont coll. « Ailleurs et Demain », 2008 

L'Homme qui s'arrêta. Journaux Ultimes, La Volte, 2009

Juste à temps, La Volte, 2013

On est bien seul dans l'univers, La Volte, 2017

 

 

Bibliographie complète : ICI

 

Bibliographie sélective

 Juste à temps, chez La Volte

 

Parvenu à l’âge des choix et des bilans, cet âge où l’on ne peut plus mentir à la vie, le réalisateur Simon Cadique entrevoit un sujet qui pourrait devenir son œuvre. Un film vérité sur deux figures injustement oubliées de l’histoire, deux fils de la paysannerie picarde qui dans les années 1900 se transformèrent en arpenteurs des airs et en industriels de la modernité, deux frères, les frères Caudron, dont les avions qu’ils fabriquaient à mesure qu’ils les inventaient, et qui portaient leur nom, s’envolèrent à l’assaut du XXe siècle sur les plages de la baie de Somme.

Mais comment être certain d’apprécier sans la trahir l’atmosphère faite de neuf et d’ancien qui régnait en baie de Somme un siècle plus tôt ? À quoi pensaient les frères Caudron en bricolant leurs machines ? À quoi pensaient les badauds endimanchés qui regardaient s’élever du sable biplans, biplaces et autres aéroplanes ?

Simon sait combien le temps rend chaque époque irrémédiable à l’autre. Mais le temps a sa propre histoire et cette fois, il en a décidé autrement. Amitiés, richesses, souvenirs, amours : toutes les cartes sont en passe d’être rebattues. Car, dans un ressac digne des plus grandes marées, ce sont les époques elles-mêmes qui viennent se percuter à l’embouchure de la Somme.

 

Dans ce roman où, entre enquêtes et aventures, les lumières de la baie de Somme apparaissent comme une suite de peintures, où la sensualité des plats et des vins de différents âges traverse les époques, où les rencontres et les possibles galopent sur des paradoxes de la physique moderne, Philippe Curval élabore un tableau subtil et mouvant, dessinant la rencontre des hommes et d’une nature que le temps n’a de cesse de réinventer.amiliale et historique foisonnante, qui commence comme un conte de Noël et se termine en tragédie

 L'Europe après la pluie, chez La Volte

 

À travers les trois romans parus de 1976 à 1983 qui composent L’Europe après la pluie, Philippe Curval imagine avant la lettre une Union européenne sans étrangers, aux frontières infranchissables…

 

Dans Cette chère humanité, au début du XXIe siècle, l’Europe occidentale s’est brutalement repliée sur elle-même pour former le « Marcom », communauté autarcique de treize États qui, après avoir chassé tous les étrangers de son territoire, s’est entourée d’impénétrables barrières. Figé économiquement, le Marcom l’est aussi socialement, moralement, esthétiquement.

Dans leur confortable enfer climatisé, seuls les privilégiés peuvent s’offrir un ersatz d’éternité : des cabines à ralentir le temps. Restent quelques marginaux, et surtout Belgacen Attia, l’espion qui vient du chaud — les anciens pays en voie de développement qui forment désormais une union civilisée — pour s’opposer au conditionnement qui coupe l’homme des puissances de l’instinct et des ressources infinies de l’imaginaire.

 

Un livre intelligent, qui pose les vraies questions, avec la violence qui convient. De cette bataille d’idées un autre aurait écrit un conte philosophique ; Philippe Curval en fait un grand roman d’aventures. Roman touffu dans lequel on rencontre des créatures végétales, des adorateurs de la pollution, des « montreurs de rêves » qui matérialisent les paysages mentaux des individus. Une œuvre prophétique qui fourmille de grands délires. Certainement l’un des romans les plus visionnaires de l’histoire de la science-fiction française.

 

Par son sujet, Le dormeur s’éveillera-t-il ? prend abruptement le contre-pied des thèses écologistes qui font aujourd’hui florès.

Le monde du Dormeur – l’Europe en pleine désagrégation – n’est qu’un vaste bouillon de culture : de l’écologie au fascisme, en passant par les dangers de l’énergie spatiale solaire et les bienfaits du nucléaire pour créer des véhicules explosifs.

Philippe Curval, on n’en doute plus, a le sens de l’humour grinçant… Un humour qui se retourne contre le lecteur. Un livre présage, existentialiste, anarchisant.

 

En souvenir du futur, débordant de notations exotiques et de postulats poétiques dont la science pourrait faire son profit, renouvelle de façon excitante et ambiguë le thème du voyage dans le temps. Le Centre de gestion temporelle envoie ses agents à travers le temps afin de réguler la marche des événements et de gommer tout risque de voir se concrétiser le Marcom. Pour ces voyages, délaissant la machine ou la chimie, Philippe Curval a choisi une troisième force : la passion. Grâce au voyage analogique, Georges Quillan est à même de s’ancrer dans différentes époques et ses étapes sont autant de femmes qu’il a connues : Inglès, Jickie, Véra, Aziza et Nancy.

Sera-t-il susceptible d‘influencer le futur proche ? Pourra-t-il éviter la fin du monde que certains ont cru apercevoir ? Son héros court, en quelque sorte, à la recherche d’un avenir perdu, et sa quête a un parfum prononcé d’angoisse.

 

Deux nouvelles inédites de l’univers du Marcom :

L’Homme immobile et Bruit de fond.

 

Préface de Jean Quatremer (correspondant auprès de l’Union européenne de Libération et auteur du blog « Les coulisses de Bruxelles »).

 Lothar Blues, chez Robert Laffont et Le livre de Poche

 

L'avenir de l Europe est-il utopique ou chaotique ?

Deuxième moitié du XXIe siècle. La vaste mégapole de Bruxbourg, capitale d une Europe qui semble riche et apaisée, exerce un pouvoir discret mais implacable. La production massive de robots a résolu la plupart des problèmes sociaux. Les humains ne travaillent que quelques heures par semaine. Pour ces travailleurs assistés, c est la société des loisirs ; pour les chômeurs, la garantie d une rente d État ; pour les délinquants et les marginaux, la sanction du travail « solidaire ».

Mais ce monde stable est à la veille d éclater. Certains États aspirent à l indépendance. Deux mouvements opposés le déchirent : l un exige la suppression des robots, supposés aliéner l homme ; l autre réclame au contraire l abolition du travail humain.

Noura M Salem, célèbre créateur d environnements virtuels, déprimé, vient de retrouver dans un garde-meuble son vieux robot nommé Lothar, abandonné comme lui, des années auparavant, par ses géniteurs. Lothar a été son éducateur et devient son thérapeute. En sa compagnie, Noura tente de comprendre les raisons de la disparition volontaire de ses parents : son père, Eliah, narcopsychiatre, s est fait recycler en 2047, et sa mère, Sarah, s est réfugiée dans un monastère virtuel. Avec l appui d un lunatique réparateur de robots, d une actrice androïde qui fut l amour de son adolescence, d un solidaire devenu millionnaire, d un plasticien marginal qui fut le collaborateur d Eliah, mais aussi grâce à sa mère téléchargée depuis son monastuel dans le corps de Lothar, Noura éclaircira l énigme.

Cet itinéraire personnel se déroule dans un monde en crise : une révolution en Moldavie, des attentats et des grèves de robots déstabilisent l Europe. Liesenstein prend le pouvoir en France et déclenche un changement de société malgré la puissante administration de Bruxbourg.

 

Rasta Solitude, chez Flammarion

 

Dans un complexe touristique au Kenya, une force mystérieuse s'empare de l'esprit d'un vacancier pour former une entité qui s'agglomère à d'autres humains. Au même moment , sur la côte africaine, un vaisseau extraterrestre vient de s'échouer...

Lorsqu'un jeune architecte arrive à Heraklon pour vendre son projet visionnaire, les héros mythologiques endormis, déjà irrités par le tourisme de masse qui ravage la Crète se révoltent...

Tandis que la terreur informatique règne sur les cinq continents, un nain artificiel et une adolescente à peine humaine vivent des amours bizarres sur les pentes du lac Baïkal...

En onze nouvelles écrites pour la plupart au cours de voyages, et puisant leur inspiration dans l'exotisme du lieu, Philippe Curval s'interroge sur la solitude de l'étranger en terre étrangère. Il y devient au choix un extraterrestre, un "rastaquouère" à force d'éprouver la réalité comme décalée. Celle-ci prend alors, naturellement, les couleurs de la science-fiction ou du fantastique.